Si vous n'êtes pas encore partis en vacances, n'oubliez pas d' ajouter ce livre dans votre valise. Je suis certaine qu'il reste un peu de place.

Si les vacances sont terminées, voici une belle lecture pour garder une part de rêve.

  LeCoeurCousu

Je viens de relire ce roman. Je ne me souvenais pas avec précision de toute l'histoire. Me restait simplement ce sentiment d'une belle lecture. C'est donc avec grand plaisir que j'ai replongé.

Le coeur cousu

de Carole Martinez

" Dans un village du sud de L'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse ... Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels.

Carole Martinez construit son roman en forme de conte : les scènes, cruelles ou cocasses, témoignent du bonheur d'imaginer. Le merveilleux ici n'est jamais forcé : il s'inscrit naturellement dans le cycle de la vie. "

(4 ème de couverture)

Editions Folio 2014

C'est exactement cela : un conte  avec son aspect fantastique, ces moments de joie et de tristesse. 

J'aime ce mélange entre ce qui peut être vrai et un univers où la magie entre en jeu. Ici, pas d'êtres, de bestioles imaginaires, ce sont les aiguilles qui façonnent l'histoire.

Amies couturières, je pense que tout comme moi, vous rêveriez de posséder un tel don.

Je vous livre un petit extrait :

Tout serait passé dans sa robe : les sentiers, les villes qu'elle n'avait jamais vues et la mer lointaine, tous les moutons d'Espagne, tous les livres, tous les mots et les gens qui les lisent , les chats, les ânes, tout aurait succombé à sa folie tisserande.

Rien ne lui parut trop vil, trop fou, trop abject, rien de fut à ses yeux indigne d'être filé. Elle arracha des orties, d'énormes feuilles de figuier, des branches d'olivier,  elle les tint au fond  d'un bac plein d'eau grâce à des poids, jusqu'à ce que les fibres se détachent les unes des autres, puis elle les assouplit en les battant mouillées contre une pierre . [...]

Ses parents, tout à leurs tâche ne prêtèrent que peu d'attention à ces prodiges. Ils la laissèrent rouir, sécher, battre, filer, tisser, découper, coudre, broder à sa guise. Ils ne lui posèrent aucune question et ne refusèrent rien. Ils se lassèrent pourtant un peu des papillons et des tissus battant, toujours battant, derrière la maison. Ils avaient décidé qu'en matière d'aiguilles et de vêtements elle aurait désormais toute liberté.

(pages 71 et 72)

Et quelle liberté ! Frasquita va tout sublimer.

Filez vite chez votre libraire indépendant préféré ou votre bibliothèque et revenez en discuter.

Bonne lecture et à bientôt.

Du même auteur, je vous recommande aussi : Du domaine des Murmures et La terre qui penche.

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